

→ Construction en matériaux biosourcés (ossature bois, isolation paille, enduits terre)
→ Récupération des eaux pluviales : création d'une cuve dans un ancien puits d'accès aux carrières et d'un réseau parallèle d'eau brute
→ Réutilisation des pierres issues de la déconstruction pour les ouvrages de VRD (murs de soutènement en gabions) + réemploi de pavés
→ Système de rafraîchissement via l'air des carrières
→ Réemploi de tuiles de terre cuite

A Arcueil, au milieu d’un tissu faubourien miraculeusement conservé surgit un étrange animal ! Une surélévation de deux niveaux en structure bois, isolée en bottes de paille enduites de terre crue qui clame dans la ville : «Ici, dans ce cœur d’îlot, se passent de drôles de choses ! ». Car dans ces anciens bâtiments industriels réhabilités et étendus, des artistes créent et vivent. Des ateliers modulables, des logements-ateliers et des logements-tout-court se déploient le long des coursives de cette petite cité d’artistes, rafraîchie par l’air frais des carrières franciliennes.
Le projet combine réhabilitation lourde et surélévation biosourcée en s’appuyant sur les qualités constructives de l’existant. A l’exception d’un bâtiment en briques avec une structure métallique conservée qui est isolé par l’intérieur, les autres bâtiments sont isolés par l’extérieur en laine de bois afin de préserver l’inertie des murs, tandis que les toitures reçoivent une isolation en ouate de cellulose. De nouvelles mezzanines en bois massif viennent créer des surfaces complémentaires. La surélévation de deux niveaux est en Bois-Terre-Paille : planchers en CLT, murs à ossature bois remplis de bottes de paille et enduits intérieurs en terre crue de 4 cm qui contribuent à la régulation hygrothermique.
Le confort d’été repose sur un ensemble de dispositifs passifs : protections solaires extérieures, déphasage thermique assuré par la paille et apport d’inertie par les enduits en terre crue, complétés par un réseau d’air frais provenant des carrières voisines. Ce dispositif participe au rafraîchissement naturel des deux derniers niveaux, dont le chauffage est assuré par un poêle à bois.
Les eaux pluviales qui ruissellent des couvertures (tuiles de réemploi et aluminium selon les bâtiments) sont collectées dans une cuve de grande capacité et réutilisées pour l’arrosage des espaces verts. La part du végétal a presque doublé dans le projet final, desservi par des coursives extérieures généreuses qui prolongent les espaces.
À l’intérieur, les ouvrages de menuiserie associent des matériaux durables et pérennes — pierre du Hainaut, chêne massif et terre cuite — participant à l’identité du projet et au confort de ses habitant·e·s.




